Le grand theft auto alla Payday

Tout est parti d’un coup de fil de Bane. Je sais pas qui c’est et je l’ai jamais vu. Il doit connaitre un type qui connait un type qui nous connait mais il nous trouve des boulots sympa et bien payés. J’en demande pas plus. Bref ce type nous appelle. Il a un client qui voudrait récupérer de belles bagnoles de collec, genre bien chères avec intérieur cuir. Comme par hasard, un nouveau concessionnaire vient d’ouvrir dans l’est de la ville, juste au-dessus d’un vieux tronçon de voie express souterraine. Vous voyez le truc venir ? Le plan de Bane est simple et efficace. On entre, on chope les clés, on fait péter le bitume et on se casse par le souterrain jusqu’aux docks où on livre ces perles motorisées. Easy peasy comme on dit. C’est Kap qui se charge de l’organisation. Il a déjà repéré les lieux. Sam a proposé d’y aller cash, faire tout péter et se barrer en vitesse. L’excité de la gâchette s’est fait remettre en place vite fait. Il sait y faire le Kap pour ça. On va donc se la jouer discret avec silencieux et crochetage à l’ancienne, en espérant que les gardes ne fassent pas trop de zèle.

 

payday

Le van nous dépose à l’entrée du parking. Niveau discrétion y a mieux mais bon. On a nos instructions, ça va être rapide et efficace. Kap fonce vers la grille, met son masque et commence à trifouiller le placard électrique. Quelques fils coupés et la grille s’ouvre. Je suis Kap comme son ombre avec Sash sur les talons, qui a quand même pris le temps de refermer derrière lui. Sam est resté près du van et du C4, on voulait pas prendre le risque qu’il dézingue tout le monde. Deux gardes patrouillent autour du bâtiment, va falloir être patient et invisible. On se planque derrière les buissons et on attend que ça passe. Une minute, deux minutes, heureusement personne ne doit éternuer. Kap nous fait signe, on peut y aller. On fonce vers les escaliers qui mènent au toit et on grimpe en silence. Je sors mon matos et je commence le crochetage de la porte de service. C’est ouvert. On s’engouffre. Pour l’instant tout est ok, sauf Sam qui doit bouillir dehors. Il s’en remettra.

Deuxième porte à ouvrir, mais vitrée cette fois. La serrure est moins complexe et je l’ouvre rapidement. C’est maintenant que ça va se jouer. Deux clients sont assis sur des fauteuils, juste en face de la porte et deux gardes patrouillent à l’étage. On profite d’un moment de calme pour foncer, notre but : trouver le manager. Sash met les deux types en joue et leur dit de se mettre au sol. Pas un bruit, ouf. J’ai suivi Kap dans la salle informatique, deux autres otages au sol, ça commence à faire beaucoup. Les gardes ont encore rien capté mais ça risque de pas durer. Faut qu’on trouve le manager. Je reste à surveiller les otages pendant que les deux autres le cherchent.

J’ai sorti mon flingue, silencieux vissé mais les mains moites. J’suis pas un gars de la gâchette, je l’ai jamais été. La salle informatique est très calme, on entend que le souffle des ventilateurs et celui, plus violent et intense, des deux otages. Si jamais un garde passe, je suis grillé. À ce moment-là, j’entends des pas dans le couloir qui longe la salle et je vois Kap de l’autre côté de l’étage qui se jette dans un renfoncement. Aie ! J’ai le flingue pointé au niveau de la porte et le doigt sur la détente mais j’ai du mal à respirer et mon bras tremblote. Je vois le pied du garde apparaitre, bientôt suivi du reste. Tout se passe trop vite. Le garde tourne la tête, ouvre de grands yeux, porte sa main à son étui et s’apprête à crier. Mon bras tremble comme une feuille mais j’ai pas le temps de faire quoi que ce soit qu’une balle lui traverse le front. Du sang gicle sur un des écrans. Le mec tombe et je vois Kap juste derrière qui fonce à toute vitesse vers moi, le flingue encore braqué. Le bipeur sonne, il répond de la façon la plus naturelle du monde. Ça passe. En deux-trois mouvements les traces du sang sont grossièrement nettoyées et le garde est foutu dans un sac. Je sais pas comment il fait, c’est dans ses veines sans doute. Il repart aussitôt dans les couloirs et moi j’suis là comme un glandu avec un cadavre dans un sac et deux otages à terre qui pleurent leur mère.

Après quelques minutes le manager est trouvé et son bureau ouvert. Il nous faut le nom du nouvel informaticien. C’est lui qui gère le code du coffre à clé. Kap m’envoie vite l’info par texto. Par chance son ordinateur se trouve dans la pièce où je suis. Je lance le hack que nous a filé Bane pour ouvrir le local où se trouve les clés. 120 secondes à attendre. Il reste 3 gardes qui patrouillent dans tout le bâtiment et 2 dehors. La tension monte et mes yeux ne peuvent quitter l’écran de l’ordinateur qui indique le temps restant. J’entends du bruit en bas, des gens qui crient. Kap et Sash sont allés sécuriser le rez-de-chaussée. Les gardes du bâtiment sont neutralisés, il reste 30 secondes. Je descends rejoindre les autres. Sam vient de finir de poser les charges et trottine jusqu’au bâtiment. Le compte à rebours est terminé, un petit « clic » se fait entendre, la porte est ouverte. On se jette tous sur les clés et on fonce vers les bolides. À peine les voitures ouvertes, l’alarme se déclenche, les gardes de dehors doivent être en train d’arriver.

On est tous assis comme des couillons dans nos bagnoles flambant neuves, à faire vrombir le moteur. On entend les sirènes de flics qui se rapprochent et toujours pas de putain d’explosion. Si j’me fais choper, j’aurai au moins eu le plaisir de caresser le cuir neuf d’une caisse avec 6 zéros. Bon il se magne le C4 ? Ca fait déjà 2 minutes que j’ai le pied sur l’accélérateur et je commence à sentir la moiteur de mes mains à l’intérieur des gants. Mêmes les otages, au sol avec les mains liées, doivent se demander ce qu’on fout et avoir pitié. On a l’air de quoi franchement ? Nan mais sérieusem…

BAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAM

 En quelques secondes tout se bouscule. Les charges d’explosif ont fait sauter la route et les vitres ont volé en éclats. Abruti qu’on était par la déflagration, il a fallu une bonne dizaine de secondes pour reprendre nos esprits et démarrer en trombe. Timing parfait, un peu plus et les fourgons blindés des flics nous bloquaient la route. J’entends les sirènes derrière moi, ils nous ont pris en chasse mais franchement, j’y pense pas. Mes yeux sont fixés sur la bagnole devant moi et mon pied collé à l’accélérateur. L’adrénaline suinte tellement par tous mes pores que j’arrive même pas à apprécier de conduire cette beauté. Bane n’a pas pensé à déblayer la route avant, j’évite des dizaines de morceaux de béton, je renverse des plots, roule sur des panneaux ou des tiges en métal en croisant les doigts pour que rien ne soit abimé. Les virages se suivent mais j’arrive à faire une petite pointe à 250 dans une ligne droite pour semer les flics. Les docks se rapprochent, je vois Sash virer à droite dans un embranchement et le suis. L’entrée des docks est là. Quatre containers sont alignés dont deux occupés. Kip et Sam, armes au poing sont déjà prêt à recevoir nos poursuivants. Sash gare sa caisse un peu brutalement et je manœuvre pour rentrer la mienne dans le dernier. Je referme les containers en vitesse et fait signe au grutier. On entend des sirènes dans tous les coins alors qu’on grimpe dans le van qui démarre en trombe. Chacun recharge ses armes, la fuite risque d’être compliquée.

PAYDAY 2

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est peut-être pas fortuite.
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