Defcon

Le pont du Sentinelle était sur le pied de guerre. Les nouvelles venues de la surface n’étaient pas bonnes. La guerre était proche… L’état-major européen avait commencé à préparer l’affrontement que tout le monde redoutait mais qui approchait à grand pas. Tout l’effort était mis à bâtir une solide défense aérienne près des grandes métropoles et à armer des flottes prêtes à répliquer sur l’ensemble du globe. Cette guerre ne sera ni napoléonienne, ni biologique et encore moins informatique, cette guerre sera atomique…

defcon logo

Le bunker était devenu un vrai moulin… Assis à mon bureau, je n’ai eu aujourd’hui que cinq petites minutes de calme avant de revoir défiler des gradés de toutes sortes pour me tenir au courant du moindre changement ou me donner leurs avis stratégiques. J’ignorais que l’armée comptait autant de généraux. Il sera toujours tant de réformer la chose quand la guerre sera finie. Si on gagne…

La technologie faisant des miracles, les gars des services secrets m’ont installé un écran me permettant de voir la situation de nos installations et troupes en temps réel. Il parait même que je vais pouvoir admirer les trajets des ogives qu’on tirera. Je ne peux réprimer une certaine forme d’excitation alors même que nous ne sommes toujours qu’en DEFCON 5. Mais savoir que l’on va d’ici peu participer à un conflit d’une ampleur jamais vu et qui peut voir la fin de l’humanité ne peut laisser personne indifférent… J’essaie de ne pas y penser et regarde cet écran comme s’il s’agissait d’un simple jeu vidéo.

defcon 5

L’alarme retentit soudain, passage en DEFCON 4. L’heure n’est plus à la préparation. Les généraux m’assurent que nos installations sont totalement opérationnelles et nos troupes prêtes au combat. J’autorise le lancement de l’opération Oracle, pour espionner les positions ennemies grâce aux batteries de radar. La tension est montée rapidement d’un cran. Tout s’accélère de plus en plus et ma gorge se noue lorsque j’entends le signal sonore et voit apparaitre sur l’écran le changement de niveau.

DEFCON 3

Les généraux n’arrivent plus un par un mais par groupe de 4 ou 5. Les opérations militaires commencent et je dois décider où aller, qui attaquer, etc. Toute une stratégie bien loin de mes compétences. Je tente toutefois de garder mon calme. Je scrute l’écran et essaie de me rappeler les heures passées au club d’échec de l’université. Je prends une profonde inspiration et me lance. Il faut protéger le plus de villes possibles et détruire un maximum de menaces, c’est-à-dire les porte-avions et les sous-marins. Comme prévu, la flotte américaine faisait déjà route vers nos côtes et j’admire le combat acharné que se livre de petites icônes de pixel, assis dans mon fauteuil en cuir, à 300 mètres sous terre. Assez vite les américains sont anéantis en Atlantique Nord et nous comptons aussi une victoire dans l’océan indien sur les asiatiques qui nous ouvre le chemin de l’Asie de l’est.

Defcon 3

La stratégie est payante. Les points clés sont sécurisés en moins de 12h mais l’alerte ne tarde pas à passer en DEFCON 2. Le monde se rapproche de plus en plus d’une guerre nucléaire totale. Le général le plus gradé m’apporte soudain la mallette. Le système de communication est alors mis en service et je tends ma main pour l’identification d’empreintes. Me voilà désormais prêt à donner l’ordre ultime, épaulé par les deux chefs d’état-major. Tous les sous-marins et avions lanceurs d’engins sont sur le qui-vive.

10 minutes. C’est ce qui reste à vivre à l’humanité. Je me demande alors ce que font les gens à Paris, New York ou Pékin. Que pensent-ils ? Sont-ils conscients ? Savent-ils que le monde est prêt à s’embraser au moindre instant ?

DEFCON 1

L’alarme que tous craignait vient de retentir. En quelques secondes le moniteur d’où l’on peut admirer la carte du monde lance des alertes de tous les côtés. Des trajectoires de missiles laissent de longues trainées coupant continents et océans. J’approuve tous les ordres de l’Etat-major. La situation me dépasse complètement. Je suis pétrifié et ne peux détacher mes yeux du moniteur qui me montre la fin du monde. Rien de tout cela ne me parait réel mais soudain :

Defcon hit

C’est le choc. La capitale britannique est touchée. Tout le monde dans la salle s’arrête. Prêt de 9 millions de personnes sont mortes ou sont en passent de l’être, touchées par les radiations assassines. La réalité de cette guerre me frappe au visage comme jamais je ne l’aurais imaginé et je sens mes yeux s’humidifier. Quelques secondes de silence et les officiers présents reprennent leurs discussions lançant, de nouveau, ordres sur ordres. Toujours assis sur mon fauteuil, je suis impuissant. Mon esprit se brouille et même s’arrête alors que se multiplient les inscriptions de ce genre. Le nombre de victimes ne cessent de croitre atteignant bientôt les 100 millions. Le carnage est insoutenable, ces chiffres blancs apparaissant sur la carte du monde semblent tellement inoffensifs, innocents presque, cachant la terrible réalité de villes et de vies exterminées. Et pour quoi ?

Peu importe le résultat de la guerre désormais. L’humanité a perdu. Rien ne sera plus jamais comme avant. Nous sommes allés bien trop loin dans notre folie. Un général vient m’annoncer la reddition des américains avec une expression de joie certaine. Je ferme les yeux et tente de m’enfuir de cette réalité. Je ne peux plus, je ne veux plus. J’ai perdu.

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http://www.introversion.co.uk/defcon/

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